Selon mes proches, ce qui me caractérise le mieux, c’est le nom « combativité ». Si chaque personne connaît et/ou connaîtra des difficultés dans la vie, j’en ai eu aussi ma part et peut-être un peu plus rapprochées que pour d’autres.

Face à cela, il y a 2 options, soit on baisse les bras, soit on relève le fer et on repart au combat. C’est toujours la deuxième option que j’ai choisie, comme une raison de vivre, la seule façon de pouvoir continuer à me regarder dans la glace. Des échecs j’en ai connus, des chausse-trapes aussi, à chaque fois j’ai repris mon chemin où j’ai modifié ma trajectoire afin de contourner l’obstacle qui était trop grand pour moi. La combativité, c’est aussi l’adaptabilité à la situation.

Emotif, je le suis, j’encaisse mal les coups, mais laissez-moi 1 ou 2 jours et je suis redevenu ce que j’étais. Plus exactement, comme j’étais, mais avec de l’expérience en plus, une faculté à percevoir l’autre et à esquiver les coups lorsqu’ils sont trop durs.

Cela donne un parcours atypique, des études à rallonges nées de problèmes personnels, avant de trouver la voie qui est la mienne. Le divorce de mes parents à l’époque où c’était encore rare, m’avait conduit à travailler moins que ce que je pouvais, le résultat fut sans appel, je fus envoyé en lycée professionnel (l’époque où c’était la honte.) Donné perdu ou presque, quelques professeurs misent sur moi, l’élève toujours agréable, mais tellement mal dans sa peau, tellement perdu, qu’il ne sait plus prendre plaisir à travailler, à construire son futur. Résultat, abonné au fond de classement pendant 2 ans, je suis l’un des sept (sur 30), cette année là, à décrocher mon BEPC.

En 95 après avoir continué 1 an dans ce lycée (presque par devoir), je pars faire un stage à FGBA Lille, ce qui devait être au départ un stage d’observation en électronique, se transforme très vite en un premier stage en communication. La découverte d’un monde que j’adore, mariage du texte, de l’image, de la création, des nouvelles technologies, une première révélation. Ce stage ayant eu lieu durant les grèves de 95, il se prolonge un peu plus que la durée prévue.

De retour à Paris, quelque chose a changé en moi. La communication c’est ma vie, mais comment y parvenir, je suis bloqué dans un lycée professionnel en électronique. Je décide de ne plus y retourner. Il faut alors que je trouve le moyen d’accéder à la voie générale. Je saisis cette possibilité en 1996-1997, contre l’avis des conseillers d’orientation du CIO qui veulent me renvoyer en électronique, moi, je désire faire une capacité en droit. Malgré leurs efforts de découragement, je décide de suivre mon chemin. Résultat, je suis des 10% de reçus à ce diplôme d’équivalence BAC, ce qui était réalisable en 2 ans, je le réalise en 4. Mais ressortir du chapeau d’un lycée professionnel n’est pas forcément aisé. Je fais au passage la fierté de mon Grand père, professeur d’université, agrégé de grammaire. Le passage de ce diplôme oblige seulement à poursuivre en 1ère année de droit. Ce que je fais sans grande envie.

Entre temps, je suis engagé dans des emplois d’été à la Société Générale au service de la communication, d’abord au secrétariat de la communication institutionnelle où je gère les stocks et l’envoi des documents de présentation de la Société Générale (Société Générale en bref et le rapport d’activité.) J’assume ma fonction le mieux possible et j’assure, par mon attitude agréable et d’échanges avec les autres services, ma disponibilité, ma ponctualité et par mon esprit d’initiative, ma présélection pour l’année suivante dans un autre service, celui de la communication interne. Je suis repris 3 années de suite dans le même service. Là, je rencontre une équipe formidable qui va me mettre les mains dans le moteur. J’opère ainsi la réalisation sonore d’une conférence internationale avec comme intervenants les numéros 2 et 3 de la Société Générale. J’assure le cadre durant d’autres réunions, et je constitue une banque d’images qui sert encore aujourd’hui. Atteint par la limite du nombre de sélections possibles au sein de l’entreprise pour ce type d’emploi, je dois la mort dans l’âme céder mon poste. Je regrette pour la première fois de ne pas être diplômé d’une école de communication.

Lassé par le droit, je reste à Paris 1 par incertitude sur mes possibilités à aller voir ailleurs. J’intègre l’UFR de Géographie. Je fais une bonne première année. Mais en deuxième année, une grève interminable sur la réforme LMD ECTS dans laquelle je me retrouve malgré moi éclaboussé m’entraine vers le fond. Bien aidé en ça par le directeur de l’UFR qui est persuadé que j’en suis l’un des meneurs, alors que je n’ai jamais été encarté dans aucun syndicat étudiant, et parce qu’une étudiante m’avouera plus tard, une lettre diffamante de certains étudiants qui voulaient à tout prix assurer leur année et étaient donc prêt à accuser un innocent. Donné par mes notes comme accédant probable à la licence, je me retrouve à ne sauver qu’une seule de mes moyennes dans ma spécialité de l’époque l’Océanographie. En économie, je passe de 15 de moyenne à 5 après les examens de premier semestre. Victime dans le même temps d’une Hépatite virale et étant obligé en cas d’échec, devenu probable, à demander une dérogation au directeur de l’UFR pour être autorisé à continuer, je décide de me retirer.

Cette fois, cela doit être la communication, j’intègre Efficom à Paris. D’abord souhaitant faire mon BTS en alternance, je me mets en chasse d’une entreprise, celle-ci reste veine parce que mon âge avancé n’incite pas les patrons à m’accorder leur confiance. En effet, je ne représente pas un intérêt fiscal suffisant pour eux, ils devraient payer 80% du Smic. De plus je ne peux pas m’expliquer sur mon parcours atypique. C’est un échec. Loin de me laisser abattre, je décide de demander un prêt étudiant à la Société Générale pour faire mon BTS à plein temps. Mais à ma grande surprise, il m’est refusé, sans doute a posteriori parce que mon frère en a contracté un pour lui aussi faire, son BTS.

Je me retrouve donc sans grande possibilité, j’effectue donc une année préparatoire au BTS audiovisuel. Je réalise une année de rêve avec encouragement du jury des professeurs et de l’équipe administrative à chaque trimestre. Je retrouve comme par hasard mon 16 de moyenne en économie, note que j’obtiens également en son, 14 en scénario, 14 en analyse de film etc. En fin d’année se pose la question d’intégrer le BTS audiovisuel option production. Mais là aussi, le sort s’acharne un peu. Alors que je pensais que mes notes feraient preuve de mon investissement dans mon travail, je ne trouve pas d’entreprise pour me permettre de faire mon BTS en alternance. Cette fois c’est compliqué moralement.

Mais nouveau rebondissement, je tente l’aventure CNED, seul face à mon travail et à mon destin, tout va dépendre de moi. BTS communication, je fais là encore une excellente année, je me permets régulièrement d’avoir des 18, 19,17 et même deux 20 pour terminer l’année. Cette envie de mettre fin à ces difficultés fréquentes me permets d’aller chercher un 16 en culture professionnelle sur les thèmes tels que: La communication et l’écologie, La communication et la politique (nous sommes l’année de la présidentielle 2007) et la révolution de la communication interne. Le seul écueil évité de justesse, en présentation et conduite de projet professionnel où faute d’une information suffisante du CNED sur les documents annexe à produire, j’arrive avec un dossier incomplet à l’examen et je prends un 10 tout juste. C’est parce que j’ai précisé que j’étais du CNED qu’ils m’ont accordé face à ce manque, une indulgence dans cette épreuve fondamentale. Parallèlement j’assure la mise en place de la communication du magasin Artisans du Monde qui vient d’ouvrir dans le 14ème arrondissement de Paris. Ce travail de 2 mois me permet de ne pas perdre la main. J’enchaine directement avec un remplacement de deux mois chez Dalloz.Fr, là aussi le plaisir est très grand je suis dans mon élément, à la fois chargé de communication, infographiste et maquettiste, une polyvalence qui me caractérise bien aujourd’hui.

Le BTS obtenu j’espère trouver tranquillement mais rapidement un emploi dans la communication. Pendant le temps qui me sépare de cet accès à l’emploi, j’assure des missions bénévoles pour des associations (La lanterne, CCFD Marly le Roi), c’est l’embryon de ce qui sera plus tard mon entreprise.

Mais là aussi, un coup dur va surgir, l’appartement où je vis depuis 18 ans va être vendu, il nous restait 1 an de bail, mais nous recevons congé pour vente et nous n’avons pas les moyens de le racheter. Il en est demandé quand même environ ½ millions d’euros. La aussi à contre cœur nous devons quitter Paris, et mon quartier ou j’ai vécu pendant 30 ans. A l’arrivé, l’appartement ne sera pas vendu mais reloué et toute la copropriété regrettera notre départ.

Nous nous installons à Saint-Cyr l’école, moi qui est d’habitude débrouillard et qui rebondis à chaque fois, je m’avoue pour la première fois vaincu, je m’inscris alors au pôle emploi. En 8 mois aucune proposition, aucun entretien.

J’en ai assez, nous partons vivre à proximité de ma ville natale à Laval en Mayenne et je décide de devenir auto-entrepreneur, premier stade avant de changer de statut et de fonder mon entreprise. Après une première année prometteuse, les choses s’enfoncent de nouveau, la crise que nous connaissons a tout emporté et je me retrouve comme de nombreux jeunes entrepreneurs à devoir faire face à un ralentissement de l’activité, beaucoup de demande de devis, mais personne n’obtient les crédits qu’ils envisageaient.

L’expérience acquise montre qu’il est difficile pour ne pas dire impossible de mener une entreprise de communication, seul. Loin de moi de dire que je l’ignorais, mais j’avais envisagé de démarrer seul faute de moyen et de très vite face aux demandes des clients, changer de statut et embaucher de monde. Mais encore une fois le ralentissement de l’économie m’a conduit à ne pouvoir mettre à bien ce projet, et mener seul la prospection des clients, l’établissement des stratégies, la création des supports et leurs diffusions, c’est beaucoup pour 1 seul homme. De plus, moi qui suis fait pour le travaille d’équipe comme l’a prouvé tous mes passages en entreprise, après 2 ans passés seul dans ma barque, l’envie de retrouver une équipe ce fait de plus en plus forte, voir même nécessaire. Ceci m’amène aujourd’hui à rebondir une nouvelle fois et profiter que mon entreprise soit en sommeil pour hisser les voiles et mettre le cap sur de nouveaux rivages avec l’envie d’accroître mon savoir faire, de mettre le miens au service de l’entreprise et a moyen terme de passer ma licence pro à l’université de Nantes en VAE.